Etats d'Ames en Liberté
L'année 1995 ...
10.01.95
Nouvelle année, nouvelle vie.
A ce qu'il paraît.
Nous allons entamer le dixième jour de cette nouvelle année.
Ca fait donc un mois déjà, que je suis redescendue, un mois que l'on peut qualifier de palpitant.
Chaque jour a su m'amener son rebondissement.
Et pourtant ma situation en est toujours à son point zéro !
Même si les illusions savent intervenir au bon moment.
Jamais un tel paroxysme de la jubilation n'avait été atteint.
A tout moment je me sens maîtresse du monde. Alors que je ne suis maîtresse de rien ni de personne. Même pas du jeu... Et oui, une fois encore.
Des progrès, sont toutefois à noter. Cette fois ci, je montre de la résistance. Oh non, encore un remake de "Mamie fait de la résistance". Je ne laisserai pas tous les rapaces qui m'entourent me dévorer toute crue.
Cette fois je me battrais. Oh, peut-être pas jusqu'au bout, mais plus loin que de coutume.
Etre partie six semaines, m'a confortée dans mon idée. "Un seul être vous manque et rien n'est dépeuplé".
Peu se sont aperçu de mon départ.
Par contre certains ont l'air d'avoir remarqué mon retour. Il faut dire que ce coup-ci je fais fort et surtout je tiens bon dans l'obscur.
Enfin, je me sens à quatre vingt dix pour cent : MOI.
Je sais, il était temps.
Je sais, il m'aura fallu vingt quatre ans pour comprendre, que tout ce que je fais, tout ce que je dis, tout ce que je vis, c'est pour bibi et non pour les autres.
Ce n'est peut-être, pas toujours, positif. Mais je ne m'en fais pas. Je sais qu'un jour viendra où je positiverais.
Pour le moment, j'essaye de mettre en pratique le conseil que je prodigue depuis des années. VIVRE.
Ben oui, vivre tout simplement.
Vivre pour soi, et surtout avec soi.
Et pas comme jusqu'à présent sans soi, avec l'autre, pour les autres...
De toutes façons, tout ce que tu peux apporter aux autres, ils ne t'en remercieront jamais.
Evidemment, jamais ils ne te le rendront, tout juste s’ils s'en aperçoivent.
Toi tu te mets dans tous tes états?
Toi, t'as un nœud, là.
Toi, tu t'angoisses.
Toi, tu vis leurs émotions.
Toi, tu compatis à leurs malheurs.
Toi, tu te réjouis à leurs bonheurs.
Tout juste si tu ne te ferais pas tuer pour eux !
Et eux que font-ils pour toi?
NADA.
Eux ils te marcheraient dessus, tellement t'es transparente, insignifiante à leurs yeux.
Quelque part j'ai de la chance d'être la fille à machin !
D'ailleurs c'est le seul point de repère qu'ils aient pour voir qu'en cette enveloppe charnelle, il y a aussi une entité, une âme, un esprit.
Caustique, parfois l'esprit. Merci M. Prescovic.
Marre de cet état végétatif. Ok, en fait, il doit bien me satisfaire, vu que je ne fais rien, pour m'en dépêtrer réellement.
Dis, monsieur, j'ai le choix ? Je suis pas gourmande vous savez, l'avenir je m'en tape. Je voudrais juste retourner dix années en arrière. Histoire d'être tranquille. Plus d'idiotes angoisses existentialistes. Plus de dépendances, à rien, à personne.
Histoire d'avoir des repères, du moins de pouvoir les placer.
Pour les adultes c'est facile, ils te disent ne fais pas ça, je l'ai fait avant toi, c'est une connerie.
Mais se rendent-ils compte qu'en te tenant un pareil discours, ils te rendent manchot?
25.04.95
Ca faisait longtemps. Une impression de vide, d'inutilité. Pas forcément inutile, surtout de trop. Impression d'être un paquet gênant que l'on se refile de l'un à l'autre, mais surtout que personne ne veut.
Encore une fois, crise d'existentialisme. Une fois de plus, pas de réponses, en fait si, une seule. Toujours aussi évidente, flagrante.
DISPARAITRE.
Arrêter de toujours être au milieu, à emmerder tout le monde.
Ce qui est positif dans l'histoire, c'est que la réciproque est valable. Tout le monde m'emmerde. Une fois de plus embarquée dans une galère. Dans laquelle je me complais à m'enfoncer. Comme d'hab'.
Je me dépêtre d'un maniaco-intro-hystéro, pour couler, fondre sur un extro-tordo-taureau.
Mimi à croquer, un peu nain de jardin, mais franchement mimi.
Le hic. Qu'est-ce qu'il veut ? Au fait veut-il vraiment quelque chose ?
J'en suis vraiment arrivée à me dire : ARRETE LE FILM. T'as jamais intéressé personne, tu vas pas commencer maintenant.
T'es trop vieille, ma vieille. Fini les illusions. Coucou, la réalité, aussi désertique que le désert qui accueille l'arbre de Joshua.
Bingo, la boucle est bouclée.
J'ai toujours dit que seul Joshua ne me trahirait pas, et une fois de plus ça c'est révélé exact.
Pourquoi arriver à cet âge et n'être entouré que de cons.
Oui de CONS.
Pas un pour rattraper l'autre.
Tous aussi, bornés les uns que les autres. Comme on dit, quand ils ont une idée derrière la tête, ils l'ont pas ailleurs.
En plus, ils donnent franchement l'impression de ne pas mesurer la chance qu'ils ont.
Ils ont tout. Un toit. Une famille. Un travail.
Moi, ce qui me tue dans l'histoire, c'est qu'ils arrivent pas à capter, que moi j'ai rien, mais alors que dalle, rien de tout ça.
Et que forcément le moral il peut pas suivre.
Mais ça c'est trop fort pour eux .
Et ceux qui veulent comprendre, j'ai pas envie qu'ils comprennent. Ca servirait à quoi. A m'entendre dire pour l’énième fois : t'as qu'à aller à Tourrettes. Non, mais s’ils veulent, je peux aussi aller en Lozère, élever des chèvres. Elles au moins, elles ne me feraient pas chier.
Mais c'est même pas la peine de le leur suggérer. Ils pourraient y songer sérieusement, et là bonjour l'ambiance.
Déjà que c'est du genre : Nid de vipères au sein du confessionnal.
Le problème dans ce genre d'ambiance, c'est que même si tu ne le veux pas, t'es obligé de glisser sur la pente.
Tu te laisses entraîner malgré toi, et tu te retrouves au milieu d'histoires qui ne possèdent ni queue ni tête.
Mais coriaces, tenaces telles des sangsues, elles t'accrochent, te bouffent les nerfs, te puisent ton oxygène, t'annihiles complètement, bref t'empêchent totalement de penser.
D'ailleurs chez ces gens ce terme n'existe pas, expulsé de la langue française.
Juste le droit d'exécuter. Si au moins on te fournissait les armes. Là pas de problèmes le carnage je le provoquerais et non j'en serais la cible. Plus envie de me laisser bouffer.
Envie de buter, de les buter.
Marre de subir toute cette bêtise.
Ca y est je viens de trouver ce qui les caractérise : LA BETISE.
Chaque jour suffit à son record.
Si, jour après jour ils n'atteignent pas un stade cyniquement bas, ils en seront malades.
Comment peut-on tenir tant de temps sans se poser de questions ?
Surtout sans se remettre en question !
Alors que moi, je suis bouffée par le questionnement. Question sur moi, bien sûr, mais j'oublie pas les autres. Ce qui les poussent à agir.
On ne dira pas que c'est l'argent, ce serait trop facile. Comme toujours c'est si simple de tout mettre sur le dos de l'oseille. Bassement matérialiste. Pourquoi ?
Et la conscience dans ce bronx ? A croire que personne n'en soit doté !
14.05.95
Encore un week-end fiasco, c'est aussi devenu une habitude. Qui dit week-end raté, demande forcément.
Pourquoi ? Comment? Je viens de réaliser qu'à bientôt 25 ans, je n'ai toujours rien fait que j'ai eu envie de faire. J'ai toujours agi pour les autres, au bon vouloir des gens. Toujours à me soucier de ce qui serait bon pour les autres, mais jamais pour ma pomme.
Je me sens totalement noyée dans l'engrenage. Sans issue de secours.
J'ai quand même résolu un problème. J-P. n'attend rien de moi.
Ca me fait tout drôle, quelqu'un qui daigne me parler sans arrière pensée.
Ca me fait du bien quand je suis avec lui, ça me replonge des années en arrière.
L'époque où j'avais son âge.
L'insouciance des 20 ans perdus. La belle vie, Ar1, L... La voilà la clé : L. J-P, agit sur moi, comme L. en son temps.
N'empêche que grâce (ou à cause) à lui je m'aperçois d'un truc. Et si je m'étais méprise des intentions de R ?
Et si j'en étais réduite à jouer toute ma vie à la grande (ou petit) sœur ?
Ca m'en a tout l'air, et pourtant c'est bien paradoxal.
Je sers de grande sœur à des mecs en possédant et je suis incapable d'assumer ce rôle auprès de mes cadets.
Le paradoxe est d'autant plus grand que moi je recherche en eux de grands frères !
Toujours dans le paradoxe, J-P. serait apte mentalement, moralement, mais il n'a que 20 ans.
Ren serait incapable, bien trop "gamin", "rebelle" surtout voyou mais pas voleur! alors qu'il en a 27....
Et moi je me morfonds, je me questionne, me stresse... m'illusionne.
J'ai l'impression d'avoir eu ma vie étouffée dans l’œuf. Comme si on m'avait coupé les ailes au début de leur pousse, et que maintenant il soit trop tard.
Même, mes envies sont restées en cet état embryonnaire. Je ne sais même plus ce que veut dire le mot envie, j'en suis arrivé à le confondre avec envi.
C'est grave. Très grave.
La seule chose dont j'ai conscience d'avoir envie c'est d'une période illimitée de calme, de vide.
Pour pouvoir me retrouver avec moi-même. En avoir le courage, ça aussi c'est une clé, à trouver. Le courage, tu sais cette chose qui te permet de lever les bras, et non de les baisser à tout va.
Et surtout pas sa cousine la lâcheté.
Quand elle veut, elle me lâche celle-là.
07.06.95
Toujours la même impression de vivre en plein délire. De plus en plus je me demande si c'est moi qui délire ou l'entourage. On s'enfonce de pire en pire dans la connerie.
23.07.95
Encore et toujours un paradoxe, rien de bien nouveau et plein de choses... Pleins de choses se sont passées.
Les plus importantes à mes yeux.
R. en pleine livraison a pété un frigo. Complètement destroy. Du coup Grand chef, lui a retiré sa tournée pour la donner à M.
Maintenant R. se retrouve lui aussi à faire le bouche-trou. Il passe ses journées à livrer des frigos...
Ce "rétrogradage", nous fait culpabiliser Ch. et moi. Le pire c'est qu'on sait pas exactement pourquoi.
Moi, ce qui me fout le plus les glandes, c'est que deux jours après R. une autre armoire a été pétée et là pas de sanctions... il fallait bien un exemple... Tous ces petits riens accumulés m'ont fait pété un plomb.
Le toubib m'a mis une semaine en maladie, du 6.7 au 13.7. Il m'avait bien dit repos, repos... Je pensais en profiter pour faire diverses courses, que dalle. Trop naze pour bouger d'un centimètre.
Mercredi 12, j'ai fin par monter à Tourrettes.
Penses-tu Claire voulait avoir sa grande sœur avec elle. Une mascarade. Un séjour totalement apocalyptique, digne d'une bonne série B hollywoodienne.
Un cauchemar grandeur nature.
Le moment positif, fut le retour au boulot, le 17.
Génial, je viens de passer une semaine géniale, toutes les réflexions me passaient au-dessus, et puis les retrouvailles avec R., le pied. Il a l'air si fragile, on dirait pas que ça a 28 ans. L'autre fois il a lancé une phrase plus ou moins en l'air, il m'a fallu une certaine dose de courage pour ne pas hurler.
Il parlait avec E. que ce week-end il était invité à un mariage, après plusieurs palabres, E. lui rétorque "Oh, c'est toi qui te marie ?" et lui de répondre "T'es fou, qui c'est qui voudrait de moi ".
Par contre le J-P, depuis qu'il a son contrat (effet du hasard ? coïncidence ?), il dit tout juste bonjour. Juste un soir de cette semaine, qu'il est rentré crevé il m'a dit un truc relativement touchant : "Ca fait longtemps qu'on a pas eu l'occasion de discuter tous les deux!" C'est y pas mignon tout ça ?
01.08.95
Une fois de plus je tente de me prouver que je suis toujours là, bien là. Pourtant, j'en arrive, souvent à me demander : Est-ce bien toi qui as dit ça ? Qui a agi comme cela ? Qui à pensé dans ce sens ?
Ca fait des années, que je me répète qu'il faut que je cesse de penser.
Pour moi, chez moi, la pensée n'est qu'un processus d'autodestruction enclenché.
En fait, c'est tout un enchaînement de phrases entendues, de hasards, de ces derniers jours qui m'ont amené à ressortir ce cahier.
Toute une association de choses, de petites choses, qui me font dire "Putain dans quatre mois t'as 25 ans, putain demain il aurait eu 28 ans ..."
Une fois de plus, j'ai tout relu. Bilan, la cata totale. Enfin prête pour les retrouvailles Place des Grands Hommes... avec moi-même.
Une fois de plus le même scénar de série Z. Raide dingue à en crever. Une fois de plus impossible. On ne peut être la fille de, et assumer.
Une chose positive, tout de même, ça y est j'ai compris, en fait, je mens, ça fait déjà quelques années que j'avais compris, mais je préférais laisser couler une crise d'adolescence en bonne et due forme.
Qui veux-tu qui s'intéresse à une fille comme moi : Grosse, pas loquace pour deux sous, tout juste bonne à dire le mot qui tue, surtout le romantisme.
Tout juste bonne à boucher les trous dans les emplois du temps professionnels. Celle qu'on se débrouille tout de même à caresser dans le sens du poil....faudrait pas trop l'énerver, risquerait de mordre. Et puis d'abord qui nous prouve qu'elle n'est pas enragée ? Sûrement enragée.
Et si c'était tout simplement la rage de vivre comme tout le monde ?
Et si pour une fois on lui changeait l'optique : train, boulot, mémère, dodo...
Faut pas rêver.
La dernière intervention (10.10.94) mentionnait le quart de siècle de M.. Pfft, envolée M.
D'ailleurs envolé tout le monde, seule Mé. résiste. Mais jusqu'à quand ? Jusqu'à qu'un beau brun ténébreux daigne en fin se retourner sur elle. Je ne me fais pas d'illusion.
Bientôt 25 ans... tout foiré...
14.08.95
PUTAIN DE BORDEL DE MERDE....
On est mardi, encore pour quelques heures. N'importe quoi ! Lundi 14... Même sur ce point là c'est le délire...
Samedi 12h10 téléphone. Banal. For Me. Zarbi. Estelle ! Strange.
Sur le coup, et même jusqu'à ce matin, j'étais contente. Now, moins.
Plus les jours passent, plus je me fais l'effet d'une extraterrestre. Plus les secondes, passent plus je me sens seule, plus je suis seule.
Le summum ça a été la lecture d'un espèce de test dans un magasine : vous aime-t-on vraiment ?
- Combien de lettres par mois ?
- Combien de coup de fil par mois ?
- Combien de numéro de téléphone dans votre agenda ?
On a le droit de compter les docteurs ???
Pleins de questions de ce goût là. Et toujours la même réponse : 0. Et encore en étant réaliste !
Ca devient vraiment grave, les seuls moments où je me sens bien, ce sont les samedis soirs. Au Boat, à écouter de la zique, pétée.
Bientôt 25 berges, et je me rappelle A. à même pas 20 ans.
Dans ces moments-là, je suis bien, je me sens forte.
Je déplacerais des montagnes !
Mon leitmotiv du samedi soir : c'est décidé lundi , je lui rentre dans le lard !
Lundi arrive, et là toute merdeuse, tout juste foutu de lui dire bonjour...
Ces temps derniers, j'ai l'impression de ne même plus exister pour lui. Horrible sensation de déchéance. Grosse, laide, inutile, immonde parasite, accroché.
Accroché à quoi ? A un rêve. Un seul.
Qu'on m'aime enfin. Qu'on m'aime comme je suis, pour ce que je suis !
05.11.95
Pourquoi on s'emmerde toujours pour les mecs ?
12.11.95
Non, je ne travaille toujours pas. Il faudrait qu'un jour je me lance, finir sur un divan de psy. Ca c'est quelque chose qui m'est destiné.
Pas une obligation, une fatalité.
Le 31.10.95 je quitte le bureau avec un discours du chef, ce qui s'appelle encourageant : "Je vous appelle lundi. De toutes façons, vous restez chez vous, et quand vous revenez c'est définitivement."
Lundi soir, coup de fil, Ch. pour me dire qu'en fin de journée il devait y avoir une réunion et que le chef devait l'appeler pour savoir si mardi, elle allait travailler.
Vers 21h re-coup de fil de Ch. Pas de nouvelles du chef. En tous cas, elle me tient au courant.
En fait depuis ce moment, plus de nouvelles de l'usine. Personne j'espérais Ch. ou L.
Nada.
Déjà là, tu te dis : Ma pauvre fille on te prend pour une imbécile (restons polie).
Tous les soirs tu te couches en te disant : "Bon ben demain je travaille pas. Peut-être que le téléphone sonnera. Demain est un autre jour..." et de fil en aiguille, une semaine passe, que tu as perdue.
T'as rien fait.
Tu pouvais rien faire et si le téléphone sonnait ?
Là tu réalises qu'on te prend pour une conne. Alors quand des gens que tu crois tes amis te prennent aussi pour une idiote, là t'as le signal d'alarme qui se met en route. Tu ne t'énerves pas, car tu sais que ça ne servirait à strictement rien.
Par contre, tu t'irrites, tu agresses, du moins tu te tiens sur la défensive.
Tu te dis, on m'a eu deux fois on m'aura pas une troisième.
Fatalement, faut pas oublier que tu es fragilisée, on te tend un piège, tu tombes dedans à pieds joints.
Non seulement tu te fais gruger sur le sentiments, mais aussi, sur le pognon.
N'a-t-il pas été dit que "les bons comptes font les bons amis". J'ai appris qu'effectivement c'était ça.
Là, je vais ressortir une de mes vieilles phrases "ma seule amie, c'est la clope, elle au moins ne me trahira pas".
Il y a quand même une question qui s'impose : "Comment peut-on arriver à 25 ans et être aussi stupide, naïve ?
Le plus dur dans l'histoire, c'est qu'on ne peut même pas incriminer "l'éducation parentale", parce qu'à cet âge-là, elle est loin derrière. Par contre tu peux dire que ton jugement a souvent été mauvais du moins erroné. Surtout tu t'aperçois que ta tendre amie la lâcheté a refait son apparition.
Et si elle ne t'avait jamais quitté ?
Rappelles-toi les seuls moments où tu t'es dit "Tiens elle est partie !" ? Mais oui, souviens-toi, les périodes où le monde t'appartenais, tu sais quand tu te sentais forte, belle, intelligente, la mieux quoi !
Ces moments où tu croyais, tu te voyais resplendir dans les yeux de l'autre. Ces moments où tu aurais renversé des montagnes pour l'autre.
Ces moments où tu n'étais pas seule.
Ces moments où à deux vous ne faisiez qu'un.
Ces moments où tu étais sûre que c'était lui. N'y avait-il pas entre vous le plus important à tes yeux ? La complicité.
Ces moments si délicieux que plus rien n'a d'importance.
Ces moments où tu vis.
Ces moments où tu vivais.
Ces moments où tu avais vécu.
Ces moments où les remords n'existent pas, seuls les regrets subsistent, du moins, peuvent exister.
Ces moments où tout pouvait arriver.
Ces moments où tout arrivait.
Ces moments où tu ne contrôlais rien.
Ces moments où le seul mot d'ordre, était "Laisse faire, laisse-toi faire..."
Ces moments où une seule personne pouvait te donner des ordres : TOI.
Ces moments où l'amour était roi. Pas l'amour avec un grand A, pas le concret. Non. L'amour spirituel, à la limite du virtuel. Celui dans lequel les regards disent tout.
Surtout, ces moments où la bêtise avait déserté.
26.11.95
Ca y est une bonne nouvelle.
Fini de me faire bouffer le peu d'oxygène que je possède par les autres.
Ca y est il y a plus marqué CONNE sur mon front, juste IDIOTE.
Il y a du progrès.
Ca y est Joshua je te rejoins, le désert est à ma porte. Il me suffit d'une parole de ta part et j'arrive.
Juste un petit problème à régler.
Comment fait-on un testament ? Pas questions que ce soient mes ascendants qui profitent du peu que je possède. Tu crois que si je te les dis à toi, tu les exauceras mes derniers souhaits. Remarque, qu'est-ce que ça me coûte d'essayer. Allez va, je me lance.
Par Martika, Vendredi 24 Novembre 2006 à 16:05 GMT+2 dans Etats d'Ames passés (article, RSS)













